L'exception française

La notion d'exception française est souvent utilisée dans le domaine artistique, particulièrement cinématographique, pour célébrer notre capacité à conserver une production nationale là où d'autres pays se sont laissé totalement submerger par la sous-culture mondiale, essentiellement états-unienne. On remarquera en passant le soutien unanime dont bénéficie cette forme de protectionnisme, y compris dans des milieux qui font profession de mépriser toute forme de souverainisme ou de patriotisme économique dans tous les autres domaines !

Mais l'exception française gagnerait à être interprétée plus largement : tout Français ayant un peu voyagé sait à quel point son pays se singularise par l'originalité et le raffinement de ses mœurs, notamment dans les rapports entre les sexes, son art de vivre, particulièrement sur le plan culinaire, ou son goût pour les débats d'idées, qui peuvent hélas assez régulièrement dégénérer en guerre civile. Mais l'exception française est d'abord et surtout politique.

La France est le modèle de la nation, cette organisation politique caractéristique de la modernité, plus dynamique et assimilatrice que la tribu, mais aussi plus solide et homogène que l'empire. Elle a également inventé une forme originale d'autonomie du politique par rapport au religieux que l'on aurait grand tort de réduire à la laïcité républicaine. Ces deux exceptions, au même titre que notre conception monarchique du pouvoir, aussi éloignée du présidentialisme que du parlementarisme, sont essentiellement héritées de notre longue histoire royale et capétienne. La vocation du Bien commun, notre journal, est de rappeler ces vérités à nos compatriotes !

Stéphane BLANCHONNET

Article paru sur a-rebours.fr et dans Le Bien Commun


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